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Formé à la photographie par son frère Louis, Georges Saboungi (1840-1910) devient l’assistant de Félix Bonfils, qu’il accompagne dans ses missions photographiques en Égypte et en Palestine entre 1867 et 1874. Il assiste aussi Trancrède Dumas.

Marié à une Danoise, il installe en association avec son frère Louis un atelier de photographie place Assour, qui sera saccagé en 1874. Il s’associera plus tard avec Garabed Krikorian.

Les histoires familiales, ce sont aussi des échantillons d’histoire de la culture à l’intérieur des cadres sociocommunautaires, ainsi qu’un aperçu des différentes manières dont ces communautés s’intègrent au vilayet de Beyrouth et à la Mutassarifyat du Mont-Liban. En plus clair, les rapports du pouvoir avec l’histoire des formes et des représentations.

La dimension culturelle n’est jamais structurelle chez les Saboungi. Il y a bien eu atelier et pratique d’atelier avec Georges Saboungi et son fils Philippe, actif de 1908 à 1916.

Cette lecture d’une sociologie culturelle chez les Saboungi, Syriaques orthodoxes d’Iraq, est en symétrie étonnante avec les frères Cheikho, Syriaques catholiques de mère arménienne, convertis au catholicisme pour devenir jésuites.

Louis Saboungi passe par le séminaire de Charfeh quand les Cheikho passent par le séminaire jésuite de Ghazir.

Leurs tentatives d’acculturation sont trop morcelées, ainsi qu’elles apparaissent dans la personnalité de Louis Saboungi, qui n’arrive pas à trouver sa place, trop impérieusement assuré de sa valeur et trop paranoïaque, trop provincial aussi pour organiser cette place dans un ordre social dont il ne voit que les figures les plus visibles.

Cette société de Beyrouth, il a vite compris qu’il n’en saisit pas les règles, les leviers qu’il utilise étant à chaque fois trop faciles, trop lourdement symboliques, trop chargés et manipulés pour être détournés au profit de son seul prestige. Ce qu’il veut dire d’ailleurs est plus primaire qu’un éblouissant narcissisme. C’est tout simple, je suis là, faites-moi exister.

Son rapport à la photographie n’est qu’à ce niveau-là. Il aura ainsi tenté, ayant trouvé la photographie à un moment sur son passage, de l’utiliser du mieux qu’il pouvait, parce qu’elle répondait aussi à son fond narcissique. Cette conception de la photographie, ce sera son frère Georges, puis son fils qui la reprendront à partir de 1874, date à laquelle il quitte Beyrouth pour ne plus y revenir.

Beyrouth devient la capitale d’une province imaginaire dont le sens n’est pas à chercher dans ce vilayet ottoman, province et gouvernorat de villes choisies comme on unit pour les punir les rebelles et les oublieux, une province en lévitation face à une histoire faite de fragments, entrecoupés de cauchemars.

De 1840 avec la fin de l’occupation égyptienne et la naissance du Liban moderne jusqu’à l’orée du XXIe siècle, l’histoire de la photographie accompagne les différentes représentations du Liban , politiques , historiques, sociales, jusqu’à l’intime.

À les donner à voir et à lire , ces différents états apparaissent moins parcellaires et arbitraires puisqu’ils finissent par recomposer les éléments d’une histoire de la culture visuelle du Liban.

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